Dianes et aiguieres

diange-00poésie par Mihai Eminescu

Que fais tu où la lune verse
Des rayons sur l’onde tremblante
Là-bas où les oiseaux sans cesse
Relancent leurs voix murmurantes?
Entends-tu les feuilles par là
Reprenant l’écho des baisers,
Le tumulte des doux ébats
A l’ombre lourde des forêts?

Dans ce miroir toujours mouvant
Veux-tu saisir l’étrange jeu,
L’eau qui bouge éternellement
Devant tes immobiles yeux?
La sève du printemps inonde
Les bois, ranimant chaque son,
Mais ta pensée est vagabonde,
Tout comme celle d’Endymion.

Pourquoi veux-tu seul écouter
Dans la source la symphonie?
Entendre les feuilles sonner,
T’endormir sur le vert tapis?
Et que par la rare lumière,
Dans les froids, les ombres molles
Un fée surgisse altière,
Aux beaux grands yeux, aux nues épaules?

Ses blanches mains de neige pure
Ecartent les branches devant
Un corps lancé, de belle allure,
Un clair visage si charmant.
Un arc d’or à l’épaule fière,
Ainsi s-en va-t-elle à la chasse
Marchant sur les feuilles à terre,
Ne laisse qu’une faible trace.

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